Ne sous-évaluez pas vos besoins financiers

Le porteurs de projet en phase de création d'entreprise a souvent tendance à sous-estimer son besoin pour limiter l'endettement. Ne tombez pas dans ce piège ! En effet, une bonne évaluation de vos besoins d'investissement et de fonctionnement aura pour effet :

  • de sécuriser le démarrage de votre activité en anticipant les écarts de trésorerie que vous rencontrerez inévitablement,
  • de crédibiliser votre dossier vis-à-vis d'un financeur,
  • et ainsi de faciliter l'obtention de financements.

Avez-vous pensé à tout ?

  • aux investissements à réaliser pour produire, gérer, communiquer, vendre... ?
  • aux stocks à constituer ?
  • aux dépôts de garantie à verser ?
  • à la trésorerie de départ qui sera nécessaire pour faire face aux premières dépenses (BFR de départ) : loyer, assurances, actions commerciales, achat de fournitures, frais de déplacement,
  • salaires, charges sociales, électricité... ?
  • à l'évolution de votre BFR (besoin en fonds de roulement) en cas de prévision d'augmentation de votre chiffre d'affaires ?
  • etc.

Calculez votre seuil de rentabilité à obtenir pour réussir à vous rémunérer correctement et rembourser votre emprunt. Prenez le temps de bien comprendre quelques notions essentielles.

Les fonds propres

D'une manière générale, on identifie par "fonds propres" les capitaux dont dispose votre entreprise. Ils sont :

  • soit apportés par vous (avec le cas échéant le coup de pouce d'un ou plusieurs proches : dons ou prises de participation au capital) et vos associés (si vous créez une société),
  • soit par l'activité économique. En effet, en période de croisière, si votre entreprise dégage des bénéfices, une partie sera conservée en fonds propres pour servir notamment à financer des
  • investissements. Votre entreprise aura de ce fait moins recours à l'endettement et sera plus résistante face à des difficultés économiques.

Au jour de la création, les fonds propres sont constitués par les capitaux de départ : votre épargne personnelle, celle de vos associés, l’ARCE si vous êtes demandeur d’emploi indemnisé, un prêt d’honneur, etc. Ils vous permettront de :

  • faire face aux premières dépenses nécessaires au lancement de votre activité,
  • financer ce qui ne l'est pas par le système bancaire et notamment le BFR (besoin en fonds de roulement),
  • et solliciter un emprunt, car sans fonds propres il est très difficile d'obtenir un emprunt bancaire.

En règle générale, pour solliciter un emprunt bancaire, les fonds propres doivent représenter environ 30% des besoins financiers, sauf cas particuliers.

Le recours à des investisseurs

Si vos capitaux propres sont insuffisants pour démarrer votre projet d'entreprise (ou plus tard pour relancer ou développer l'activité) vous avez la possibilité de les renforcer en faisant appel à des personnes physiques ou morales prêtes à investir au capital de votre société. Vous pouvez aussi recueillir des dons de particuliers sur une plateforme de crowdfunding ou financement participatif.

En création d'entreprise, l'ouverture du capital à des investisseurs permet d'alimenter les fonds propres, de gonfler le capital et ainsi de prétendre à des prêts plus importants.

Dans le cas de startups ayant un projet de croissance ambitieux nécessitant la réalisation d’investissements importants, on parle de « levée de fonds ».

L’endettement

En fonction des caractéristiques de votre projet et de ses perspectives de développement, vous pourrez solliciter un emprunt bancaire ou vous adresser à un organisme de microcrédit. Sachez que dans la majorité des cas, les banques financent ce qui est "durable" (les investissements) et le stock de démarrage. Elles seront plus réticentes à financer le BFR.

Vous pourrez également solliciter un prêt d'argent auprès de particuliers, via une plateforme de crowdlending (Crowdfunding spécialisé dans les prêts aux entreprises). Avant de contacter des financeurs, mettez toutes les chances de votre côté.

D'une manière générale, un projet de création d’entreprise bien préparé, cohérent et porté par un ou plusieurs créateurs motivés aura toutes les chances d'obtenir un financement. Présentez aux financeurs que vous sollicitez un dossier complet, précis, clair et soigné... en un mot "vendeur" !

Pour vous aider à réussir votre projet d'entreprise, utilisez l'application "Mon business plan" proposée gratuitement par Bpifrance-creation.fr dans le Pass entrepreneur.
Et surtout préparez l'entretien avec l'aide d'un conseiller. Entraînez-vous à "pitcher" votre projet.

A contrario, un projet d'entreprise nouvelle présentant un plan de financement déséquilibré et peu d'éléments convaincants sur son marché ne présentera pas les garanties suffisantes pour séduire un banquier. C'est une évidence !

Renseignez-vous sur les dispositifs de garantie à la disposition des créateurs

C’est un fait avéré, les banques ne prêtent pas sans exiger des garanties :

  • sur les biens financés lorsque cela est possible (hypothèque, nantissement, gage),
  • ou en demandant des cautions personnelles.

Ce que vous devez savoir : des organismes ou les collectivités locales proposent des contre-garanties aux établissements bancaires en échange de leur abandon de demande de garantie par l'emprunteur. Certains peuvent même se porter directement caution de votre emprunt.
N'hésitez donc pas à vous renseigner en amont sur les nombreux dispositifs de garantie existants : fonds de garantie nationaux et régionaux, sociétés de caution mutuelle, etc.

Identifiez toutes les sources de financements adaptées à votre projet de création d'entreprise

Les sources de financement sont nombreuses et peuvent être classées par types, en suivant la logique exposée précédemment :

  • Financement des fonds propres (capitaux de départ)
  • Renforcement des fonds propres en ouvrant son capital à des investisseurs
  • Recours à l'endettement

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